Entre chats

J’avais une vie idyllique. Des maîtres qui n’oubliaient pas de me récompenser en pâté et câlin, de belles balades sous la voûte étoilée et de longues siestes sur de moelleux coussins. Je ne demandais rien d’autre, vraiment rien de plus. Alors, pourquoi me l’ont-ils amené ? Je venais tout juste de me réveiller d’une magnifique sieste lorsqu’ils son rentrés avec cette chose. Ils étaient tout sourire, m’appelant et me désignant une boule de poils qu’ils tenaient dans leur main. Intrigué, je l’ai reniflé et léché. « Tiens, un coreligionnaire » me suis-je dit. « Mais aussi un rival ! » ai-je vite réagi, en grognant férocement. Pas question que ce minus prenne ma place ! Mes maîtres étaient peut-être surpris de ma réaction mais tant pis, c’était de ma tranquillité dont il s’agissait !

Ils étaient au petit soin pour cette crevette. Même pas un chat ! Il était trop minuscule pour être un vrai chat. Il ne savait même pas manger tout seul. Il fallait qu’ils lui donnent le biberon comme un vulgaire bébé humain. Pouah ! Il était pitoyable. J’ai donc décidé de l’ignorer. Si je faisais comme s’il n’existait pas, il finirait peut-être par disparaître. De toute manière, il savait à peine marcher. J’avais toute la place pour moi. Et si jamais, au grand jamais, je risquais de croiser sa route, je préférais faire un immense détour en grognant méchamment. Fallait pas qu’il prenne ses aises avec moi celui-là ! Mais voilà, ce morveux prenait des forces et au bout de quelques jours, il parcourait l’appartement d’un pas chancelant. L’éviter commençait à être difficile. Surtout quand il commença à m’attaquer ! Ce minus pensait peut-être qu’il était de taille à en découdre. Quelle prétention ! Heureusement, dès que je montrais les crocs, il abandonnait immédiatement. Mais le pire fut à venir. Empli de hardiesse au fur et à mesure que son ventre se remplissait de victuailles, il chercha à me voler ma part du gâteau. Il se perdit dans mon écuelle de croquettes, me chipa des caresses auprès de mes maîtres. S’en était trop ! Agacé, j’oubliais sa petitesse et n’eus plus de retenu, je me jetais sur lui, cherchant à planter mes crocs dans son pelage. Elle était vivace la sale bête ! Elle se tortillait dans tous les sens, cherchant à me happer les oreilles. Soudain, il glissa de mes pattes et détala comme un lapin. Pris dans ces ébats, je couru après lui pour le rattraper tandis qu’il sautillait comme un lièvre. Qu’il était comique ! Il me narguait tout de même et je ne pouvais pas laisser passer ! Je sautais sur lui et l’envoyais valdinguer à l’autre bout. Il revint à la charge et ivre de joie, nous avons roulé sur le carrelage, cherchant à nous mordiller. Enfin, fatigué par tant de fougue, nous nous sommes endormis, à la grande joie de nos maîtres qui avaient dû nous éviter lors de nos roulades. Finalement, ce chaton est plutôt sympathique. Je crois que je vais le garder.

Lina Carmen

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