Rêverie

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 En rangeant mes affaires, j’ai trouvé un texte que j’ai écrit il y a 12 ans. Le thème du concours, c’était : « rêverie ». Bonne lecture !

On le lui reprochait toujours. Surtout elle. Exaspérée après plusieurs appels, elle alla le chercher dans la clairière.

« — Alors ? Encore à bailler aux corneilles ! C’est pas bientôt fini non ? Y’a du boulot ici ! »

Après cet apostrophe, elle ne put s’empêcher de cracher un liquide jaunâtre. Après chaque phrase, c’était ainsi : elle crachait.

Son visage ridé, son tablier usé et son goût pour la saleté, faisaient d’elle la fermière la plus repoussante de la région. Et c’était sa mère ! Il en avait assez de vivre là.

Peut-être que son père aimait vivre ainsi mais lui, ça l’écoeurait. Il en avait assez de manger dans des assiettes graisseuses sous prétexte qu’un peu d’eau suffisait pour éliminer l’essentiel. Il aurait voulu qu’elle connaisse le mot « lessive » pour se vêtir proprement.

Bref, pour échapper à sa mère, il se réfugiait au pied d’un chêne pour contempler le paysage. Il partait très loin, vers des horizons inconnus, vers d’autres mondes.

Mais sa mère venait toujours le rappeler à l’ordre et il devait l’aider dans son travail. Dès qu’il en avait l’occasion, il retournait à ses méditations.  Il y restait de plus en plus longtemps et il finit par y passer des nuits entières. On l’oublia.

Absorbés par le travail, ils ne trouvèrent plus le temps d’aller le chercher. Alors, ils le laisssèrent là, sans y penser. 

 De loin, il vit ses parents travailler, vieillir et le temps passa. Son père mourut et sa mère continua seule le travail de la ferme. Agée et fatiguée, elle vendit ses terres et arrêta toute production.

 Soudain, il cessa toute rêverie. Une question lui effleura l’esprit. Il s’avança jusqu’à la mare et se regarda. Il recula et examina ses mains. Rien n’avait changé. Il était toujours un jeune homme de 18 ans.

Des années s’étaient écoulées et pourtant, elles avaient passé sur lui sans l’atteindre. C’est vrai qu’il avait vu le temps passer mais il l’avait observer de loin sans y participer. Lui, il s’était arrêté dans le temps. Mais alors…il détenait le temps !

Parmi tous les rêves qu’il avait pu faire, celui-ci était vraiment le plus beau ! Et il se réalisait. Qu’allait-il en faire ? Comment en profiter ? Il s’asseya et réfléchit.

Tout d’abord, il souhaitait connaître l’avenir. Il pouvait voyager dans le temps comme il le désirait. Rien n’était plus facile ! Il avait déjà avancé de trente ans. Il devrait ressembler à un homme de 48 ans mais il avait toujours 18 ans !

Il se concentra et rêva au futur. Le temps s’accéléra. On enterra sa mère. La ferme fut vendue. Le nouveau propriétaire rasa le tout pour y construire un hôtel quatre étoiles.

Trente années passèrent. Les touristes affluaient. L’hôtel marchait toujours bien. Encore vingt autres années. L’hôtel connut des moments difficiles. Les touristes étaient moins nombreux. Ils allaient ailleurs.

Petit à petit, il sentit la lassitude le gagner. Le temps devint lourd, très lourd. Il avait du mal à respirer. Il se sentait vieux mais il était toujours aussi jeune.

Subitement, ce fut l’arrêt cardiaque et il tomba, raide mort.

« Et alors ! Encore à bailler aux corneilles ? C’est pas bientôt finit de rêvasser ! y ‘a du boulot ici ! « 

Cette voix si familière le réveilla. Il s’était assoupi au pied du grand chêne. Ouf ! ce n’était qu’un mauvais rêve…

De Lina Carmen



Concernant les invincibles…

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Du coup, je me sens un peu comme ça :

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Je serais dans mon nouveau « chez moi », jeudi soir ! En attendant… et ben, faudra attendre !

Et merci à Monique qui m’a retouché cette jolie photo !

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Retrouvez là sur son site : bassenormandie



H.G. Wells

Un nouvel article sur la nouvelle :

« Les premiers hommes dans la

 lune » de H. G. Wells. Venez le lire

sur mon blog de SF !

C’est par ici qu’il faut cliquer…

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Sandy Kilo

Voici mon dessin de Sandy terminé ! N’est-elle pas jolie notre nouvelle recrue des invincibles ?

Pour ceux qui n’ont pas entamé la lecture de cette nouvelle histoire, voici un résumé :

« Mederick Polakowsky fait la connaissance de Lyly, une jeune femme déprimée qui ne désire qu’une seule chose : mourir.

Malheureusement pour elle, elle est invincible, tout comme Mederick. Tous les deux sont insensibles aux blessures diverses et ont la peau et les eaux plus solides que le roc. Bref, des superman modernes !

Mederick décide de créer la « guilde des invincibles » dans le but de secourir le monde mais aussi d’offrir une famille à Lyly, dans l’espoir qu’elle reprenne goût à la vie.

Il fait la connaissance tout d’abord de Kevin Tatouille, un jeune homme extrêmement rêveur et maladroit, puis d’Hercule Annamour, un collectionneur cleptomane et enfin, de Sandy Kilo, une jeune femme intelligente mais qui est en surpoids.

Cette jolie équipe va tout faire pour trouver sa place dans la société… »

Pour lire les 10 chapitres, cliquez dans la colonne de droite à « Venez en lire plus », « Les Invincibles, chapitre…. »

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Le livre, tout un monde…

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Les invincibles : chapitre 10, Nouvelle recrue

 Voici le chapitre 10 de la fabuleuse aventure de la Guilde des Invincibles ! Sans plus attendre, écoutont le témoignage poignant de Mederick Polakowsky, le président de la guilde. 

« J’étais plutôt désespéré après notre première tentative de secours. Je me demandais ce qu’allait devenir la Guilde des Invincibles.

J’étais donc particulièrement déprimé quand, un après-midi, je suis passé chez Lyly. C’était sa journée de grand ménage, qu’elle effectuait à peu près une fois dans l’année. J’étais curieux de la voir à l’œuvre.

Mais j’ai surtout été surpris de constater qu’elle n’était pas seule. Une femme d’une trentaine d’année l’aidait dans son travail. Je savais que Lyly n’avait pas d’amis à part les membres de la guilde.

« - Bonjour madame…

  • - Mademoiselle, m’a-t-elle repris. Je m’appelle Sandy.

  • - Et moi Mederick.

  • - Tu veux nous aider? m’a demandé Lyly.

  • - Heu…» ai-je hésité en constatant l’ampleur du labeur.

Lyly était toujours aussi désordonnée. Elle ne sait pas qu’on peut ranger le linge dans des tiroirs et que la vaisselle sale peut se laver et trouver une place de marque dans les meubles qui ornent la cuisine.

Je pense même que le mot poubelle lui est inconnu. Je n’étais donc pas enthousiaste à l’idée de lui donner un coup de main.

« - Et vous Sandy ? Pourquoi aidez-vous Lyly ?

  • - Et bien…

  • - Figure-toi, m’a expliqué Lyly, qu’elle a sonné à ma porte pendant que j’essayais de nettoyer un peu. Elle vend des poudres amincissantes!» s’est-elle exclamée en pouffant de rire.

Et en effet, Sandy Kilo (j’allais très vite connaitre son nom de famille) ne donnait pas l’impression d’avoir testé ce régime amincissant.

Ou bien, il était totalement inefficace. En tout cas, c’est ce que devaient se dire les potentiels acheteurs en remarquant l’embonpoint de la vendeuse. Car Sandy Kilo est obèse.

« - Bref, puisque je ne m’en sortais pas dans mon ménage, je l’ai embauché ! Ce sera plus rentable pour elle de travailler pour moi que d’essayer de vendre ses trucs pour maigrir… » et elle recommença à rire.

Sandy n’était nullement vexée par les moqueries à peine dissimulées de Lyly.

 « - Mais enfin, me suis-je exclamé en repensant au dernières paroles de Lyly. Comment comptes-tu la payer ? »

Je savais que Lyly étais au chômage et que sa maigre allocation lui permettait tout juste de vivre. Elle n’avait pas les moyens de se payer une femme de ménage.

« - Comment ça ! s’est écriée Sandy. Vous n’avez pas l’intention de me payer ?

  • - Oh! Je pensais vous proposer cette statue de chat en céramique. Je suis certaine qu’en la revendant, vous vous ferez plus d’argent qu’en vendant vos pilules!»

Sandy ne semblait pas satisfaite de cette proposition.

Il est vrai que la statuette était plutôt laide.

« - Ah non alors ! Je ne suis pas d’accord ! J’en ai marre de rentrer sans un rond, je veux des billets !

  • - Oh là là… puisque vous le prenez comme ça, laissez tomber, Mederick m’aidera.»

Sandy bouillonnait de colère. Je sentais bien que les choses tournaient au vinaigre mais Lyly, qui désirait plus que tout mourir, ne cillait même pas devant le courroux de cette imposante épaisseur.

Intrigué, et sachant ma belle invincible, j’observais l’altercation.

« - J’exige qu’au moins vous me payez l’heure que je viens de faire, je veux quinze euros ! »

Lyly l’a regardé droit dans les yeux : « Non. »

Sandy était écarlate. Elle ne lâcherait pas l’affaire ! Elle s’est alors avancée vers Lyly dans le but de la culbuter avec son gros ventre.

Mais Lyly avait vu le coup venir et d’une main ferme, elle a repoussé l’épaisse graisse qui la menaçait.

Etonnée par la force du frêle bras de son adversaire, notre sumo féminin s’est écroulée sur la bibliothèque où, outre de nombreux livres, le chat-statue dédaigné s’est écrasé sur son crâne.

Affolés, Lyly et moi nous nous sommes précipités sur la pauvre victime. Elle était certainement assommée !

Quelle incroyable surprise de constater qu’aucune bosse ne s’échappait de sa chevelure…

Entière et bien éveillée, Sandy scrutait Lyly avec incrédulité.

Voilà ce qui pouvait se passer quand deux invincibles se querellaient. Le chat en céramique était en milles morceaux. »

De Lina Carmen.

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Merci Monique !

Voici une belle création de Monique :

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Illustrations de Benjamin Lacombe

Pour en voir plus, cliquez ici.

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Les invincibles : chapitre 9, Première intervention.

  Venez lire le témoignage de Mederick Polakowsky, le président de la guilde des Invincibles, ces humains ordinaires doués de pouvoirs de super héros. Rien ne les atteint ! Il sont invincibles… Mais ce n’est pas toujours simple d’être un héros… (pour lire les huit autres chapitres, se reporter à « Pages » en haut ou dans la colonne de droite.)

« Nous étions déjà quatre membres de la Guilde. Il était temps de passer à l’action. Je m’étais procuré une radio spécial afin de capter les fréquences de la police. Lors de notre premier soir, nous étions tous les trois dans la voiture, attendant un événement pour agir. Bien entendu, Lyly n’avait pas voulu venir. Je la voyais presque chaque jour mais elle était toujours obnubilée par ses suicides. Nous attendions depuis quelques heures déjà quand les ondes ont annoncé un cambriolage quelques rues plus loin.

« - Allons-y, c’est notre chance ! ai-je crié, enthousiaste. »

Quand nous sommes arrivés, c’est un vieillard qui nous a ouvert :

« - Vous êtes de la police ?

  • - Heu… nous venons pour le cambriolage! C’est arrivé quand? ai-je demandé.

  • - J’étais dans mon lit quand j’ai entendu du bruit. J’ai peut-être quelques difficultés à mâcher mes aliments mais j’entends très bien! Le temps que je me lève et le cambrioleur s’était envolé avec mon portefeuille! Il a fracturé cette fenêtre.»

Je me suis approché de l’ouverture afin de jeter un œil.

« - Nous pouvons encore le rattraper. Allez les gars, on y va ! »

Tatouille était juste derrière moi mais Hercule avait disparu.

« - Où est Hercule ?

  • - Ah ben, je sais pas, il était juste là… a commenté ce rêveur de Tatouille.

  • - HERCULE!!!!

  • - Oui! J’arrive!

  • - En route, on vous ramène votre portefeuille monsieur!»

J’ai sauté par la fenêtre dans le but de prendre le même chemin que le voleur. Derrière moi, Tatouille a tenté de m’imiter :

« - Aïe ! Ouille !!! s’est-il exclamé en s’affalant par terre.

  • - Tout va bien? lui ai-je demandé.

  • - Oui…je crois.»

On a alors entendu une sirène. Les vrais policiers arrivaient. Il était temps que nous partions !

Je me suis imaginé que j’étais le criminel afin de deviner ce qu’il avait fait. Mes deux collègues sur les talons, je me suis faufilé dans les endroits les plus sombres en suivant le parcours le plus court. Bien entendu, nous avons dû ramasser Tatouille plus d’une fois.

« - Mais quelle idée de mettre des jardins si dangereux dans le coin !!! » s’est-il plaint.

Nous avons erré un long moment dans le quartier, mais pas de traces du cambrioleur… Déçu, j’ai proposé à mes compagnons de rentrer chez moi afin de faire le point.

« - Bonne idée ! s’est écrié Tatouille. Je suis épuisé et regarde, ma peau est écorchée avec toute cette végétation.

  • - Mais enfin! Arrête de te plaindre, tu es un invincible! Tu n’as rien du tout.»

Sceptique, il a examiné ses bras :

« - Ah ouai, c’est vrai. »

Il était deux heures du matin. J’ai proposé à mes amis un peu de café pour rester éveillé. Quand je suis revenu dans le salon, Tatouille s’était endormi et Hercule observait avec attention un objet qu’il tenait dans ses mains.

« - Qu’est-ce que c’est ? » lui ai-je demandé.

Captivé, il ne m’a même pas répondu. Je me suis approché pour mieux discerner ce qu’il conservait entre ses doigts. J’ai alors compris que demain matin, un vieillard ne pourrait pas manger ses tartines. Hercule avait subtilisé un dentier. Certainement le premier d’une longue collection… »

Propos recueillis par la prestigieuse journaliste, Lina Carmen.

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