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Lina



Peinture gouache noir et blanc

Afin d’apprendre le dessin, et particulièrement les ombres, j’ai tenté une peinture noir et blanc à la gouache, sur un carton. N’ayant pas de professeur, je tâtonne. Je me suis appliquée pour les ombres et j’en ai oublié de faire attention aux proportions. Résultat, la bouche n’est pas jolie, tout le côté droit est un peu trop petit. Mais je suis heureuse d’avoir tenté le coup car je commence à comprendre comment manipuler la gouache ! Encore quelques efforts et bientôt je pourrais illustrer mes histoires !

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Prudence est mère de sûreté

  Une exaltation  infantile tambourinait dans ma poitrine, ce jour où, pour la première fois, un camarade de classe m’invita chez lui. Moi, le « bouffon binoclar » qui débarquait de la banlieue huppée, j’avais enfin l’insigne privilège de déposer mes pieds dans l’antre du Roi du « biz », le grand Abdel, le businessman par excellence de l’école élémentaire.

Malheureusement, son domicile se nichait au beau milieu d’un labyrinthe bétonné qui répondait au doux nom : « les Arlequins ».

En effet, cet enchevêtrement d’entrées d’immeubles, d’escaliers, de coursives et de couloirs était bariolé de couleurs vives qui rappelaient le costume pittoresque du personnage de la comédie italienne.

Mon incompréhension des quelques chiffres que mon ami avait griffonné, augmentait à chaque galerie que je découvrais. Très vite, je fus dans l’obligation de demander mon chemin. J’optais pour un grand black à l’allure décontractée.

« - Excusez-moi, demandais-je en me raclant la gorge, intimidé, je cherche cette adresse, ajoutais-je en tendant le papier.

  • - Ouaille le môme! T’es pommé? Attends voir.»

Il m’arracha le papier des mains et entama une contemplation scrupuleuse des notes de mon camarade.

« - Ouaille ! interjeta t-il de nouveau, c’est Momo qu’tu veux viser ?

  • - Heu…et bien… balbutiais-je, hésitant, je viens rendre visite à mon copain Abdel.

  • - T’es pote avec le p’tit frangin! Trop d’la balle! J’ai un truc à abouler à Momo, le frangin d’ ton pote. Tiens, vla l’paquet, me dit-il en me tendant un petit colis emballé dans un sac plastique Lidl et scotché de toutes parts. J’te dis comment t’y vas si tu lui checkes mon taff. Ok?

  • - Ok… vous connaissez le chemin?

  • - Si j’connais! C’est mon bled! C’est fastoche, tu prends la galerie bleu, au bout la jaune, tu longes les entrées jusqu’à la

  • 120ème, tu prends l’ascenseur jusqu’au 5ème étage, à gauche

  • tu prends la coursive G, tu vas arriver à un autre ascenseur,

  • tu descends au 3ème, et là, t’arrives à la coursive D. T’as plus

  • qu’à trouver l’apart 27. L’ascenseur du D y’é en rade.

  • T’es obligé d’passer par le G. Mais t’inquiètes, c’est l’plus court.

  • - Heu… galerie jaune, entrée 120, 5ème étage, coursive G, le 3ème, coursive D… répétais-je en marchant.

  • - He! Oublie pas l’paquet pour Momo! s’écria mon bienfaiteur.

  • - Oui… entrée 5, 120ème étage…heu coursive B…»

Bien entendu, ces explications alambiquées m’ont vite perdu. Au bout d’une demi-heure, j’ai décidé de demander de nouveau mon chemin à un agent de l’ordre. Deux policiers patrouillaient en voiture.

« - Excusez-moi messieurs les policiers. Je me suis perdu, je voudrais me rendre chez mon ami Abdel. Voici l’adresse. »

Le conducteur prit le bout de papier que je lui tendais tandis que le second m’examinait des pieds à la tête.

« - Mais c’est en plein milieu de la cité ! Ce n’est pas un endroit où se balader petit, me dit-il en lisant l’adresse.

  • - Qu’est-ce que tu as dans ce paquet? me demanda son assistant avec méfiance.

  • - Heu… je ne sais pas, c’est un colis pour Momo, le grand frère de mon ami.

  • - Je peux voir?»

Je n’ai pas immédiatement compris pourquoi leurs visages ont blêmi à la vue des quelques tablettes brunes que contenait le sac, ni pourquoi ils se sont empressés de m’embarquer comme un criminel. Bien plus tard, lors de mon interrogatoire au commissariat, j’ai réalisé que ce n’était pas des tablettes de chocolat, comme je l’avais cru. Je me suis alors rappelé ce proverbe que formulait mon grand-père : « Prudence est mère de sûreté ».

De Lina Carmen



Photo-montage de Ruud Van Empel

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