Emeraude oubliée, chapitre 5.

Le président Percy était en pleine conversation vidéo lorsqu’il fut interrompu par son bras-droit :

« - Président Percy, il faut absolument que je vous parle. »

Irrité, il mit un terme à cette discussion interminable en promettant à son interlocuteur de le rappeler rapidement.

« - Qu’y a-t-il ? aboya t-il.

  • - Désolé de vous déranger mais… je viens de lancer un scan de tout nos systèmes et …

  • - Venez-en au fait! s’énerva t-il.

  • - On a téléchargé une partie des «Ecrits ancestraux».

  • - Comment ça «on». vous ne savez pas qui c’est?

  • - Je sais surtout que ce n’est pas une personne autorisée car elle a déjoué les pare-feux pour arriver à ses fins.

  • - Vous êtes en train de parler de piratage? s’étonna le président.

  • - Oui. Je sais que c’est une première mais… c’est bien ça, un téléchargement illégal.

  • - Et qu’a-t-on téléchargé?

  • - Les plans d’un aérostat.»

Le président Percy était perplexe. Pourquoi les plans d’un engin volant ? Et surtout qui pouvait avoir de telles capacités ? Un mystère de plus à élucider qu’il tenait à découvrir.

Arthur avait été impressionné par les plans que Yan lui avait montrés. Il n’avait jamais rien vu de tel ! Enthousiasmé par ce projet passionnant, il s’était mis au travail immédiatement. Rien n’était plus simple pour lui ! Il avait vraiment l’impression que les calculs se faisaient automatiquement dans sa tête et qu’il n’avait plus qu’à les enregistrer dans le portable qu’il utilisait pour l’école. Quelques semaines plus tard, tous les deux avaient fini la fameuse maquette.

« - Alors, quand vas tu la montrer ? demanda Arthur à Yan.

  • - Mais dès ce soir! s’écria Yan, enthousiaste. Elle va être aux anges!

  • - Elle? s’étonna Arthur. Je croyais que le collègue de ton père était un homme.

  • - Oui, oui… essaya t-il de s’expliquer. Mais… j’en ai parlé aussi à une amie et elle a hâte de voir le résultat. D’ailleurs, elle m’a trouvé un cyber-intellect pour toi!» annonça t-il pour changer de conversation.

Yan sortit de son sac une mallette métallique qu’il ouvrit. L’image d’un hologramme féminin apparut et déclara :

« - Bonjour Monsieur Sapin, que puis-je pour vous ? »

Arthur était subjugué. Il ne pensait pas que Yan disait vrai ! Tout au plus, il s’attendait à un vieux truc déniché dans une poubelle. Mais ce cyber-intellect était entièrement neuf, tout juste sorti d’un magasin pour friqué ! Les yeux toujours exorbités, il scrutait intensément cet objet unique que tout scientifique qui se respecte possédait dés qu’il savait lire.

Mais voilà, lui, Arthur Sapin, avait eu la malchance de naître d’un père policier mais avec le cerveau digne d’un futur Einstein. Qu’est-ce qu’il aurait donné pour accéder aux sphères supérieurs ! Il s’amusa pendant un moment avec son nouveau jouet quand Yan, fatigué, lui annonça qu’il devait le quitter.

« - J’emporte la maquette et le résultat de tes calculs. J’en ai besoin pour ma démonstration.

  • - Et je pourrais y assister à ta démonstration? lui demanda Arthur.

  • - Heu…non, tu comprends bien qu’ils ne doivent pas savoir que je me suis fait aider. Bon, allez, j’y vais, sinon je vais être en retard!»

Yan se précipita au dehors, soulagé de s’être débarrassé de cet encombrant « collègue » qui commençait à lui poser trop de questions.

Il devait retrouver Sonia sur le toit d’un nouvel immeuble qu’ils fréquentaient depuis quinze jours. C’était le toit idéal pour construire leur aérostat. Le dernier étage était inoccupé depuis quelques années, les anciens locataires étant décédés sans héritier. Depuis, personne ne s’y était installé. Aucune caméra de surveillance dans les environs, ils étaient bel et bien isolés du reste de la ville.

Yan s’approcha discrètement du transporteur vertical. Il jeta un œil autour de lui. La brume était particulièrement dense en cette soirée d’un noir corbeau. On n’y voyait guère. Il tendit l’oreille. Aucun bruit. Furtivement, il enclencha sa clé pour appeler l’ascenseur. Rapidement, il s’engouffra entre les parois vitrées, espérant que personne ne l’avait vu.

Mais une ombre l’avait suivit. Elle l’avait vu sortir sa clé et monter dans l’ascenseur…

Lorsque Yan arriva sur le lieu du rendez-vous, Sonia était déjà là. Elle l’attendait en admirant l’horizon. Quand elle l’aperçut, elle se précipita dans ses bras, un grand sourire aux lèvres. Yan remarqua une grande bâche qui recouvrait plusieurs objets impossibles à identifier.

« - Yan ! Te voilà enfin, tu m’as manqué.

  • - Toi aussi tu m’as manqué,» répondit-il timidement.

Il était toujours aussi mal à l’aise quand elle débordait d’affection, ne sachant comment se comporter. Elle était ravissante encore une fois. Ses prunelles vert-jade étincelaient de bonheur dès qu’elle le voyait. Il aimait la serrer dans ses bras et sentir son doux parfum de cannelle-chocolat. Il ne se lassait pas de l’écouter raconter ses péripéties de la journée, admirant ses rides qui lui creusaient le front quand elle exprimait une contrariété.

A son tour, il déballa le paquet qui contenait l’aérostat miniature. Comme il se l’imaginait, un sourire éclatant illumina le visage de Sonia à la vue de l’engin. Ils commencèrent par ventiler à l’air froid le ballon. Lorsqu’il se redressa fièrement vers le ciel, ils actionnèrent l’air chaud. L’aérostat monta alors tout doucement vers la voûte céleste. Ils suivirent du regard sa tranquille trajectoire qui le faisait balloter au gré du vent. Ils parlèrent longuement des préparatifs de leur voyage et du jour tant attendu où ils s’élèveront, eux aussi, vers les cieux étoilés. Au bout d’un moment, l’aérostat disparut de leur champ de vision.

« - J’espère qu’il a pu passer les murailles, confia Sonia.

  • - Oui, moi aussi.»

Ils restèrent ainsi quelques minutes, silencieux, contemplant le ciel. Yan rompit le silence en posant enfin la question qui lui taraudait depuis qu’il était arrivé :

« - Mais dis-moi, qu’y a-t-il sous la bâche ?

  • - Le matériel que j’ai acheté! Regarde, continua t-elle en soulevant la toile, j’ai le tissu en polyester pour le ballon, mais le mieux, c’est que j’ai pu trouver un super robot multiservice qui va nous permettre d’aller plus vite!»

Yan était époustouflé. Décidemment, elle pouvait dénicher n’importe quoi ! Comment faisait-elle ? Elle avait toujours était évasive sur ce sujet. Est-ce que les friqués n’avaient pas d’argent et se servaient dans les magasins ? Cette question lui brûlait les lèvres. Tant pis, il avait décidé de se lancer à nouveau, quitte à subir les foudres de son amie.

« - Dis-moi Sonia, comment peux-tu trouver tout ça ? Tu as le droit de te servir dans les magasins ? Ma montre multifonction, un cyber-intellect et maintenant un robot ! Avoue qu’il est normal que je me pose des questions. Est-ce que tu… emprunterai tout ça ?

  • - Mais non!» s’écria t-elle, irritée.

Yan savait qu’il y avait peu de chances pour qu’elle agisse ainsi. Il la connaissait suffisamment pour savoir que ce n’était pas son genre. C’était d’ailleurs grâce à elle qu’il avait réussi à arrêter l’alcool et la drogue. Mais elle avait bien téléchargé illégalement les instructions pour la construction d’un aérostat…

« - Bon, continua Sonia, je peux t’avouer quelque chose que je n’osais pas te dire jusqu’à maintenant… »

Yan plongea son regard dans ses yeux. Elle détourna la tête.

« - Peut-être que finalement… se dit-il.

  • - Mes parents sont très très riches. Mon père… a une position très importante. J’ai une carte qui me permet d’acheter tout ce que je veux, sans aucune limite de prix. Voilà. C’est dit.»

Yan éclata de rire. C’était donc ça ! Lui qui croyait que sa douce Sonia était une cambrioleuse de haut niveau…

«  – Mais pourquoi ris-tu ? demanda t-elle, énervée.

  • - Excuse-moi ma jolie, répondit-il en séchant ses larmes de rire. Mais je ne comprends pas pourquoi tu as eu tant de mal à me le dire! Je m’imaginais quelque chose de pire…

  • - Je ne voulais pas que tu m’aimes pour mon argent. C’est pour ça que j’ai toujours évité de te le dire.»

Emu, Yan se rapprocha d’elle et prit son visage dans ses mains.

« - Jamais je ne t’aimerai pour autre chose que ce que tu es. Tu es la fille la plus formidable que je connaisse. Pourquoi faudrait-il que tu sois richissime pour que je t’aime ? »

Sonia ne sut que répondre. Yan profita de son silence pour déposer un baiser sur ses lèvres.

Lina Carmen



2 commentaires

  1. Malek 30 octobre

    Ce chapitre aussi est très bien ! Je n’ai pas relevé d’incohérence. Le fait que Yann est été suivi met du piment au périple. De même que la découverte du piratage des plans par les autorités. Nos amis vont ils réussir à s’en aller ? Je lirai la suite sur ton autre blog avec plaisir, mais pas tout de suite. En tout cas, bientôt !

    A plus tard Lina !

  2. peggybk 10 février

    On peut lire la suit où????

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