Les Invincibles : chapitre 002, Invincible

 Lyly était si déprimée que je ne pouvais pas la laisser rentrer seule chez elle. Je lui ai proposé de la raccompagner et de lui tenir compagnie. A ma grande surprise, elle a accepté ! C’était la première fois que je mettais les pieds chez une fille célibataire. On m’avait dit que les femmes étaient des êtres ordonnés et propres… et bien pas Lyly. Il y avait un bazar indescriptible ! Des tas de choses traînaient par terre, toute la vaisselle sale était entassée dans l’évier et la décoration était inexistante. Même les meubles étaient en piteux état. On aurait dit qu’elle avait fait ses achats à la décharge publique.

« - Excuses-moi pour le désordre Mederick, me dit-elle familièrement, mais le rangement, c’est pas trop mon truc. Tu veux une tisane ? »

J’acceptais volontiers bien qu’un repas complet eut été préférable. Mon estomac criait famine.

Lyly récupéra deux tasses pour les rincer rapidement sous l’eau. Elle a poussé du coude les détritus de la table pour y déposer les récipients. Tandis qu’elle s’activait autour de la bouilloire, je lui ai fait remarquer :

« - Vous ne vous êtes pas demandé pourquoi je n’ai pas eu peur ce soir ?

  • - Non, pourquoi, t’aurais dû avoir peur?

  • - Oui! me suis-je exclamé. Ce n’est pas courant de rencontrer quelqu’un qui défonce un train avec son corps et qui n’a aucunes égratignures!

  • - Mouais, a-t-elle marmonné, peu convaincue. Superman en fait autant.

  • - Oui mais Superman n’est qu’un personnage de fiction et vous, vous êtes bien réel.

  • - Oui, oui… dit-elle vaguement en versant la tisane.

  • - Savez-vous que vous n’êtes pas la seule?

  • - Mais tu viens de me dire que Superman n’était pas réel!

  • - Je ne parle pas de Superman! me suis-je écrié, exaspéré. Je parle de moi!»

Elle m’a examiné alors des pieds à la tête et, sans un mot, a plongé ses lèvres dans sa tasse.

« - C’est meilleur quand c’est chaud, a-t-elle dit en me désignant mon breuvage.

  • - Mais vous comprenez ce que je veux dire? Je suis invincible, comme vous! Vous ne me croyez pas, hein, c’est ça?»

Justement, un couteau tranchant était à portée de main. Je l’ai attrapé et j’ai commencé à m’entailler les veines du poignet gauche. La lame s’est cassée au contact de ma peau.

« - J’ai déjà essayé ça aussi, m’a-t-elle jeté, ça marche pas. Toi aussi tu veux te suicider ? »

J’étais ébahi. Non seulement elle était totalement indifférente, mais en plus elle ne pensait qu’à une seule chose, mettre fin à ses jours !



1 commentaire

  1. Monique 8 juin

    Bonjour Lina et merci de nous faire partager ton talent d’auteur. J’aime toujours autant de lire.
    Bisous
    Monique

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