Liam

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Image du blog de Flora.

Liam attendait patiemment que le directeur la fasse entrer dans son bureau. Encore une convocation ! Elle en avait assez de ces grands benêts qui n’y comprenaient rien. Un grand gaillard d’un mètre quatre vingt ouvrit enfin la porte pour lui lancer avec froideur : « C’est à vous mademoiselle ! ». C’était lui, le directeur. Il était plutôt impressionnant avec sa carrure d’athlète et son visage de militaire. Mais pas assez pour Liam qui n’avait peur de rien. D’ailleurs, elle lui asséna un regard plein d’audace pour bien lui signifier qu’il ne lui faisait ni chaud, ni froid. Une manière de lui exprimer que cette entrevue ne changera rien.

Il s’installa dans son fauteuil dernier modèle et lui fit signe qu’elle pouvait prendre place dans la moitié d’oeuf qui devait lui servir de siège. Elle détestait ces « reposes-fesses » qui manquaient totalement d’imagination. Comme tout dans son monde d’ailleurs. L’humanité était arrivée à un tel degré de technologie qu’elle s’était sentie obligé de tout réduire à l’essentiel et bien entendu, à une seule teinte de couleur pour l’ameublement : le gris. Ils pouvaient bien avoir des engins volants, des pistolets à rayons lasers, des pilules rajeunissantes ou être passé maître dans l’art de la création in-vitro, de la conquête de l’espace ou du commerce inter-galactique, tout cela n’était que chimère pour Liam. Vapeur d’eau qui ne prendrait sa valeur que si elle pouvait repasser à l’état liquide. Ce qui n’était pas pour maintenant apparemment.

« - Bien, vous devez vous douter de la raison de cet entretien n’est-ce pas ?

- Mouais, ronchonna t-elle, indifférente.

- Puisque vous n’avez pas l’air de désirer vous rappeler vos méfaits, je vais le faire pour vous. »

Il glissa ses mains sur son bureau et une fenêtre informatique s’agrandit sous ses doigts : « - Voyons, vous avez tout d’abord saboté une expérience en cours de chimie,

- Je n’ai rien saboté ! le coupa t-elle. J’ai juste tenté autre chose. On avait toutes sortes d’éléments à notre disposition, pourquoi se contenter d’une seule formule ?

- Tout simplement parce que c’était ce que vous demandait votre professeur ! Vous n’avez pas à sortir des consignes, c’est la base de la discipline !

- Poufff!!! souffla t-elle excédée.

- Et ne me manquez pas de respect par la même occasion !  » hurla t-il en tapant du plat de la main sur la table.

Liam reprit contenance et le fixa droit dans les yeux. Agacé, le directeur reprit ses reproches : « - Vous avez repeint les toilettes des filles en rose….

-C’est ma couleur préféré, se dit-elle, c’est si sinistre en gris !

- D’ailleurs, on se demande comment vous avez fait pour vous la procurer.

- Il m’a suffit de la fabriquer idiot ! continua t-elle à se dire.

- Et pour couronner le tout, vous avez dérangé le travail de vos camarades de classe en tapant sauvagement sur les murs !

- Je faisais de la musique et non du bruit, imbécile ! J’ai le rythme dans la peau moi, pas comme toi, gros lourdaud.

- On se demande vraiment ce qui peut bien se passer dans votre tête ! Et tout ceci depuis votre dernière convocation, qui ne remonte qu’à huit jours ! Pouvez vous m’expliquer votre comportement mademoiselle ? »

Il fit enfin une pause et la scruta intensément. Mais que voulait-il qu’elle lui dise ? La vérité ? Mais pourrait-il comprendre qu’elle détestait cette société qui n’était focalisée que sur les activités qu’elle jugeait utile ? Pratiquement personne ne savait ce qu’était la musique, la peinture, la danse ou la poésie. Tout ceci avait disparu pour laisser place à une économie accès sur la réussite. Chacunes de leurs actions devaient permettre à la société de survivre, tout travail devait concourir à nourrir, loger, procréer, soigner… La survivance du plus fort devait passer par les efforts assidus de chaque habitant. Et ils n’avaient pas le choix s’ils voulaient le minimum vital. Toute personne inutile à la société était tout simplement effacée. Elle savait tout cela car elle avait eu un grand-père clairvoyant qui, enfant, avait connu les joies que pouvaient procurer la connaissance des différents arts considérés comme stériles aujourd’hui. Il l’avait aidé à développer son imagination et elle était très douée pour ça. Mais bien entendu, ce directeur si fidèle à la discipline, ne pourrait pas comprendre. Elle se contenta de répondre :

« - J’en sais rien, j’ai pas réfléchit.

- Vous n’avez pas réfléchit ? répéta t-il abasourdi. Je n’ai plus le choix, je suis obligé de vous livrer aux Redresseurs, ajouta t-il d’un ton dépité. Je vais les contacter immédiatement et ils viendront vous chercher.

- Quoi ??? s’exclama Liam. »

Il ne pouvait pas lui faire ça ! Les Redresseurs étaient de vrais sadiques qui faisaient des lavages de cerveaux  à leurs prisonniers. C’était la mort assurée de son esprit.

« - Attendez-moi ici, je vais les appeler dans une autre pièce. »

« - Oui, c’est ça, barre toi se dit-elle. Comme si j’allais attendre sagement qu’on vienne m’emmener en enfer. »

Dés qu’il referma la porte, elle se précipita sur son bureau et chercha à l’ouvrir. Bien entendu, tout était bouclé ! Elle ne pouvait pas espérer y trouver une arme. Il ne lui restait plus qu’à s’enfuir, à défaut de se battre. La porte était verrouillée elle aussi. Par contre, la fenêtre n’était qu’une simple vitre en verre. Elle pouvait la fracasser d’un coup de pied grâce à ses bottes renforcées. Bien entendu, pour compliquer le tout, elle était au quatrième étage ! Qu’importe, elle n’était pas sujette au vertige. Elle se faufila par l’ouverture et posa son pied sur le rebord. Heureusement, le mur métallique comportait de nombreux interstices où elle pouvait poser le bout de ses orteils et de ses doigts. Sa descente ne fut pas aisée mais elle était assez souple pour y parvenir. Tandis qu’elle s’échappait, elle perçut des vas et vient dans le bâtiment. On avait certainement remarqué son absence… Elle devait faire vite si elle ne voulait pas se faire prendre ! Après de nombreux efforts, elle retrouva le plancher des vaches. Elle scruta les environs. Rien en vu. Elle courut alors à toute vitesse pour sauter sur sa moto qui s’envola rapidement au sixième niveau. A partir de maintenant, elle serait considérée comme une rebelle. Cette idée ne l’attrista pas. Bien au contraire, un sentiment de liberté lui étreignit la poitrine.

Lina Carmen



Une rencontre pour la vie.

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La nuit était chaude et délicatement sucrée. Sucrée des parfums que suscitait la chaleur de la saison et celle des corps qui se dandinaient sur la piste de danse. Mais la piste se vidait des quelques personnes qui étaient venues s’échauffer sur la musique. Le peu qui restait, c’était ceux dont le thème de la fête Bavaroise avait attiré jusqu’ici : la bière. Le nez dans leurs chopes, les yeux brillant et les joues brûlantes, ils étaient déjà bien grisés. Seul deux jeunes filles s’éternisaient discrètement sur un banc.

« - J’en ai assez ! s’exclama Beatrix. Il n’y a personne d’intéressant ici. »

C’est à ce moment là que deux jeunes hommes entrèrent dans la salle.

« - Regardes ! s’écria Delphine, tu les trouve pas mignons ces deux là ? »

Beatrix jeta un rapide coup d’œil vers les nouveaux venus.

« - Ouai, peut-être. Je m’ennuie, elle est nul cette fête. Rentrons maintenant ! se plaignit-elle d’une moue dépitée.

-        Ok ! De toute façon il est déjà tard. »

Elles passèrent élégamment devant les deux individus qui les scrutèrent intensément.

Une petite brise rafraîchissante venait balayer le visage de Beatrix. Fatiguée de cette soirée ratée, elle marchait machinalement vers le retour. Ses longs cheveux noirs descendaient en boucles délicates le long de son dos et vibraient tel un océan d’ébène à chaque pas qu’elle faisait. Était-ce sa démarche gracieuse ou sa chevelure ondulée qui attira son attention ?

Une voiture ralentit à leur hauteur et on les interpella :

« - Bonsoir mesdemoiselles ! On peut vous ramener chez vous ? demanda l’un des jeunes hommes de la fête. 

-        Non merci, répondit Beatrix, on préfère marcher.

-        Regarde ! chuchota Delphine, c’est les deux beaux gosses de tout à l’heure ! Le chauffeur est vraiment mignon ajouta t-elle avant de ralentir le pas pour passer derrière la voiture et l’apostropher ainsi :

-        Moi c’est Delphine ! »

Beatrix était médusée par l’audace de son amie mais c’est vrai qu’ils étaient plutôt sympathiques tous les deux. Malgré tout, il lui fallait être prudente, elle ne les connaissait pas ! Il n’était pas question qu’ils les suivent ainsi jusque chez Delphine ou elle devait récupérer sa mobylette. Elles n’étaient plus très loin. Elle continua de marcher tandis que la voiture les suivait au pas.

«  – Je m’appelle Eddy ! dit-il à Beatrix d’un ton charmeur.

-        Et moi Beatrix, lui répondit-elle, sensible à son regard émeraude.

-        Tu étais venue pour danser ? lui demanda t-il.

-        Oui, mais la musique n’était pas génial. Ce n’est pas ce que j’appelle une bonne soirée !

-        Il y a des soirs comme ça… Pour moi, elle finit en beauté. J’ai la chance de rencontrer une très belle jeune fille. »

Elle rougit à cette réplique effrontée et n’osa pas répondre, intimidée par son sourire enjôleur. Delphine était toujours en grande conversation avec le chauffeur. Beatrix ne voulait pas qu’ils les voient entrer chez Delphine. Elle s’arrêta et déclara : « - Bon, c’est ici qu’on s’arrête, n’est-ce pas Delphine ?

-        Quoi ? réalisa cette dernière. Ah oui ! Il faut qu’on vous laisse les garçons.

-        Merci de nous avoir accompagné sur ce bout de chemin, mais il faut que vous partiez maintenant, dit-elle en tâchant de ne pas croiser le regard d’Eddy.

-        Déjà ! s’exclama Eddy. Je connais un super endroit pour danser, la boite de nuit de B… Tu la connais ?

-        Oui, oui, j’y suis déjà allez. Elle est pas mal.

-        On pourrait s’y retrouver samedi prochain, insista t-il.

-        Et bien… oui, pourquoi pas, hésita Beatrix. On se retrouve là-bas, ok ?

-        D’accord. Tu habites dans le coin ? Si jamais j’ai un souci, il faudrait que je te contacte pour te prévenir.

-        Non, non, je n’habite pas ici.

-        Et comment je fais pour te joindre ? Laisses-moi quelque chose ! Un numéro de téléphone, une adresse… »

Elle succomba devant sa mine suppliante. Et puis, il ne la lâchera pas si facilement. Il ne lui restait plus qu’à lui donner une mauvaise adresse. Mais laquelle ?

« - Bon, je te donne mon adresse. Attends, » lui demanda t-elle en cherchant dans son sac. Elle trouva un vieux ticket de tiercé et un stylo. Tout à ses préparatifs, elle se creusait la tête pour inventer une adresse. Rien ne lui venait à l’esprit. Finalement, quand elle se mit à écrire son nom, elle y inscrivit sa véritable adresse en se disant : «  Bah ! C’est un vrai labyrinthe dans mon quartier, il trouvera jamais ! ». Elle lui tendit le ticket qu’il attrapa en effleurant ses doigts. Un frisson parcouru son corps.

« - Et bien Beatrix, j’attends avec impatiente samedi soir

-        Oui, à samedi ! »

La voiture prit de l’élan et disparut au coin de la rue.

« - Alors ? demanda Delphine. Que penses-tu de ces deux là ?

-        Ouai, il est plutôt mignon Eddy.

-        Mais t’as pas vu Patrick, un vrai apollon !

-        Vraiment ? Et tu vas le revoir ton Patrick ? Parce que moi, j’ai rendez-vous avec Eddy samedi prochain. Mais pas question d’y aller toute seule !

-        Samedi prochain ? Mais c’est pas possible ! Je suis pas libre.

-        Mais Patrick sera certainement là !

-        Peut-être mais… j’ai rendez-vous avec Sébastien. Faut que je sois raisonnable, je peux pas courir deux lièvres à la fois ! T’as pas besoin de moi, vas-y toute seule.

-        Ah non ! Je le connais pas, j’y vais pas toute seule.»

Elles étaient enfin devant le portillon de la modeste demeure de Delphine. Beatrix empoigna la mobylette qu’elle avait empruntée à sa mère et se prépara au départ.

« - Bonne nuit Delphine et à demain ! Je passerai dans l’après-midi.

-        Ok ! Fais de beaux rêves… »  ajouta son amie, malicieusement.

En effet, ses rêves furent peuplés d’un doux visage au regard lancinant et d’un sourire éclatant.

Déjà deux heures qu’il attendait et elle n’était toujours pas là. Il était profondément déçu. Depuis qu’il l’avait vu, il n’avait cessé de penser à elle, à ses grands yeux pétillants, à ses deux fossettes qui lui dessinaient les lèvres quand elle souriait, à ce corps langoureux qui se moulait si aisément. Il avait compté chaque jour qui le séparait de leur rendez-vous et elle n’était pas là ! Sa frustration se transformait en colère. Il ne pouvait pas laisser passer cette occasion ! Heureusement, elle lui avait donné son adresse. C’était décidé, il allait voir chez elle ce qui en était.

On sonna à la porte. Mais qui pouvait oser les déranger à cette heure-ci ? Son père était concentré sur la trame du film. Il ne fallait surtout pas le déranger ! Avant qu’il ronchonne, elle s’écria : « - Bouge pas papa, j’y vais ! ». Elle portait une légère chemise qui lui arrivait aux genoux. Quand elle ouvrit, quelle surprise d’y reconnaître Eddy !

« - Bonsoir ! Tu n’aurais pas oublié quelque chose par hasard ? lui adressa t-il en la toisant intensivement. »

Mais oui ! On était samedi soir et elle lui avait posé un lapin… Comment avait-il pu trouver l’adresse dans ce dédale ? Il était bien persévérant !

« - Heu… balbutia t-elle, étonnée. Désolé, j’ai pas pu venir… Un problème de transport.

-        C’est qui ? hurla son père contrarié.

-        Rien papa ! C’est un ami.

-        Ah… répondit-il avant de se plonger à nouveau dans la contemplation du petit écran.

-        Et bien, tu me dois un rendez-vous Beatrix ! Je viens te chercher demain à 16h, je t’invite à boire un verre !

-        Ok, ok… reviens demain.

-        Et cette fois, tu pourras pas me poser de lapin, je viens te chercher !

-        Mais oui, c’est promis, je serais prête pour 16h. »

Eddy partit enfin. Ouf ! Son père était trop préoccupé par la télé pour capter ce qui s’était passé. Décidément, ce garçon était bien étonnant ! Il l’intriguait. Elle était heureuse de le revoir demain. Elle pourrait en apprendre davantage sur ce personnage énigmatique…

Depuis, ces deux amoureux ne se sont plus jamais quitté. Aussi originaux l’un comme l’autre, ils tapissent leur quotidien d’une multitude de couleurs sur fond de notes de musique. Ils ont eux deux ravissantes filles qui les accompagnent dans leurs délires artistiques. A eux quatre, ils unissent leurs différents talents : musiciens, écrivains, peintres… Une chose et sûre, on ne s’ennuie pas avec cette famille !

Aujourd’hui, ils ont 34 ans de mariage. Alors moi je voudrais dire, joyeux anniversaire de mariage Papounet et Mamounnette ! Vous êtes loin de moi mais mon coeur est prés de vous. Je vous aime tous les trois.

Lina Carmen



La princesse Miroir.

Voici un conte écrit par ma nièce, Mimi, qui a neuf ans ! La relève est assurée…

Il était une fois, une princesse, Flower, qui se regardait tout le temps dans son miroir. Mais un jour, une armée de soldats s’attaqua au village. La princesse fut envoyée dans un endroit sûr pour plus de sécurité. Après quelques jours, la princesse pu revenir chez elle mais quand elle monta dans sa chambre, son miroir été cassé en mille morceaux. La princesse Flower était très triste. Sa mère lui dit : « Ce n’est pas grave on en rachètera un. » Mais Flower ne l’écoutait pas : « Mon miroir, je l’ai perdu » pleura t’elle et elle retourna dans sa chambre.
Puis, un jour, un beau prince arriva dans le village. Flower était tombée amoureuses et elle oublia complètement son miroir. La princesse alla dehors et le prince Time la remarqua : il était tombé amoureux. Six jours ont suffit au prince et à la princesse pour se marier ! Et sa mère en cadeau lui offra un beau miroir.

Mimi.



Un mot sur Lina Carmen

Entre ciel et terre

Depuis l’enfance, Lina se balade entre ciel et terre. Ce ciel si bleu de fins heureuses, parfois un peu sombre mais toujours aussi attirant. Parfois elle revient sur terre pour s’interroger sur l’être humain. C’est alors que lui vient des histoires invraisemblables.

Conteuse avant tout, elle a su capter l’attention des petits autour de récits rocambolesques, amusants et pourtant instructifs. Mais son imagination débordante ne s’est pas arrêtée à ce domaine de la narration. Elle écrit aussi des nouvelles, des albums pour la jeunesse et de la science fiction…



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